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Seminaire secretariat de Redaction. MM. Boukhalfa Chouikrat et Mourad Zeggane

 

L'illustration dans la presse écrite

 

Séminaire : Secrétariat de Rédaction et Editing

 

Semestre 04

Classes Préparatoires

 

 

CHOUIKRAT Boukhalfa

ZEGGANE Mourad

 

 

 

 

 

 

Plan

  1. Préambule
  2. Généralités sur l’image de presse
    1. Concepts clés
      •  
  3. Types d’images dans un journal
  1.        Le dessin de presse
    1.  

A.2.  Le dessin illustratif                

A.3.  La caricature          

                               B.      L’infographie

C.            La photographie

C.1.  Définition

C.2.   Approche historique

                                               C.2.1.  La naissance de la photographie

                                                               C.2.2  Les débuts de la photographie de presse 

III. L’image de presse : Caractéristiques et importance 

III.1.  Qualités de l'image de presse 

  1. Une arme percutante 
  2. Descriptive et suggestive 
  3. Immédiate et globale 
  4. Affective et émotionnelle 

III.2.  Fonctions de l’illustration dans la presse

Selon Louis Guéry et Stephane Lutz

  1. La fonction informative et documentaire
  2. La fonction illustrative et symbolique
  3. La fonction éditoriale 

Selon Yves Agnès

  1. Premier niveau de lecture
  2. Mise en page
  3. Approche facile
  4. Informations
  5. Effet miroir
  6. Symboles
  7. Documents
  8. Distraction

IV. Types de l’image et Rapports texte-image /légende - image

IV.1. Les types de l’image

IV.2. le rapport texte-image

IV.3. le rapport légende – image

  1. L'utilisation, le traitement, la mise en page de l’image

V.1. Utilisation de la photo

V.2. Traitement de l’image

V.3. Mise en page de l’image

VI. La recherche des documents d’illustration

VI.1. Les sources de documents photographiques 

VI.2. Les sources des dessins 

VI.3. Les cartes et plans géographiques

VII.  Le choix des illustrations pertinentes

VIII.  Approche juridique/ le droit à l’image

IX. Conclusion

 

  1. Préambule

Une du journal Le Monde du 19 12 1944

Une du journal Le Monde du 19 12 2018

 

 

La vue de ces deux Unes éditées à 74 ans d’intervalle nous amène à nous poser la question : L’image fait-elle vendre ?

La question n’est pas neuve. La réponse par l’affirmative paraît aujourd’hui évidente si l’on s’en tient au flux d’images que nous avons quotidiennement sous les yeux. Dans le monde de la presse, les nouvelles formules laissant davantage de place à l’iconographie.

Pour l’Homme, les gravures rupestres, les hiéroglyphes, entre autres, montrent que l’image a été depuis toujours un moyen de diffusion de l’information.

Nous vivons aujourd’hui dans un monde où les images sont transférées par la télévision, Internet, par les livres, le cinéma et la presse. L’histoire de la presse montre que l’image, sous toutes ses formes, prend de plus en plus de place dans les journaux.

 

  1. Généralités sur l’image de presse

Le secrétaire de rédaction est l’homme qui veille que les articles, titres, photos, dessins,…etc. soient bien classés dans un journal et correctement hiérarchisés. Il doit : 

  • rechercher et choisir les illustrations photographiques, les recadrer et les réparer.
  •  faire réaliser les dessins, cartes, infographies qui contribueront à la compréhension d’un sujet traité dans le journal.
  • légender les illustrations.

II.1. Concepts clés

Définition :

Informer, c’est aussi montrer. L’image ne remplace pas toujours l’écriture mais peut la rendre plus expressive. Elle rend même, parfois, l’écrit inutile.

Une photo peut avoir plus de force qu’un récit, un dessin plus d’impact qu’un éditorial, un graphique plus de précision qu’une analyse, un schéma plus de clarté qu’une enquête, une carte plus de netteté qu’un témoignage. 

Selon le Larousse Illustré, l’image est « une représentation d'un être ou d'une chose par les arts graphiques ou plastiques, la photographie, le film, etc. »

II.2. Types d’images dans un journal

  1. Le dessin de presse :

C’est la première illustration à paraitre sur le journal.

Avant l’arrivée de la photographie, le dessin était, avec la gravure, le moyen de représentation le plus communément utilisé. Le développement de la photographie et de la télévision ont réduit sa place mais Internet donne aujourd’hui aux dessinateurs de nouveaux moyens pour faire connaitre leur travail.

Avec le développement de la presse d’opinion et les améliorations techniques du domaine de l’imprimerie, de 1870 à 1940, le dessin de presse est partout. Il aborde tous les thèmes : politique, social mais aussi religieux. Diverses formes de dessin sont utilisées dans la presse :

 

 

A.1.  Le croquis : 

est un dessin fait rapidement, à main levée, sans recherche de détails dans le but de dégager à grands traits, l'essentiel du sujet, du motif ; souvent fait d'après nature, il alimente le carnet de voyage dessiné dit « de croquis »        

A.1.1.  Le croquis d’audience

Le dessin descriptif, à l’instar du croquis d’audience, reste important dans certains lieux où les photographes ne sont pas admis, comme les salles de tribunaux. 

A.1.2.   Le croquis de mode

L’objectif premier d’un croquis de mode est tout d’abord pratique, c’est une esquisse dessinée à la main qui va permettre de donner vie à une idée devêtement entermes de volume,de forme et de coloris. Le but sera la réalisation technique du modèle effectué en toile puis en patron pour être finalement coupé et cousu.

A.2.  Le dessin illustratif :

Une illustrationest une représentationvisuelle de nature graphiqueoupicturaledont la fonction essentielle sert à amplifier, compléter, décrire ou prolonger untexte.

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b0/Kairouan.jpg

 

 

A.3. La caricature:

La caricature est un art populaire par lequel s’expriment toutes sortes d’idées sur la société. Politique ou social, agressif ou tendre, ce dessin est un vrai marqueur et témoin de son époque.

Il évolue avec elle, l’observant, l’accompagnant, la décriant. S’intéresser à la caricature,c’est s’intéresser à une époque.

Dela révolution française où elle réapparaît pour jouer un rôle clé jusqu’à nos jours où elle fait partie du quotidien, la caricature retrace l’histoire d’un pays, d’artistes, d’anonymes. Jamais un art n’a été plus près de l’histoire, de la société et des gens.

  1. L’infographie :

Les ressources de l’infographie donnent aux contenus rédactionnels une valeur de référence à condition que leur propre contenu soit parfait.

Le journaliste n’a pas droit à l’erreur quand il publie un graphique, un schéma, une courbe ou une carte à côté de son article. La moindre erreur de détail jette un doute sur l’ensemble de son travail. Informer par l’infographie, c’est imposer la rigueur scientifique dans le traitement de l’information ce qui demande réflexion, application et coordination.

Et cela fera prochainement l’objet d’un exposé et donc nous ne nous attarderons pas sur cet objet.

  1. La photographie :

C.1.  Définition

Le mot photographie tire son origine du grec phos/ photos (lumière) et graphein (trace, écrie) c'est-à-dire écrire avec la lumière.  Il s'agit donc d'un procédé de reproduction sur un support plan de tout ce qui est visuellement perceptible grâce à la transformation chimique de certaines substances sensibles à la lumière.

  • Toutes les photos n’informent pas de la même façon :
    • Il y a des photos qui décrivent. Ce sont les plans généraux ou les plans d’ensemble, par exemple les photos de paysage ou les scènes d’activités humaines vues de loin. Leur valeur purement descriptive en fait des photos à faible valeur ajoutée. Leur intérêt informatif est généralement médiocre. Sauf lorsque les circonstances dans lesquelles elles sont prises – et l’angle choisi pour la prise – leur donnent une valeur de document.
    • Il y a des photos qui racontent. Ce sont les plans moyens, les plans américains, les plans rapprochés, par exemple les scènes d’activités humaines vues de près, les personnages cadrés en pied, cadrés au-dessus du genou et jusqu’à la taille ou cadrés de la taille à la poitrine. Leur valeur narrative en fait des photos à forte valeur ajoutée.
    • Il y a des photos qui provoquent des chocs. Ce sont les gros plans et les très gros plans, par exemple les visages observés de très près ou les détails de scènes cadrées de très près. Leur impact émotionnel en fait des photos à très forte valeur ajoutée.

C.2. Approche Historique:

C.2.1.  La naissance de la photographie:

La photographie est née au cours de l'année 1822 dans la chambre noire de Niepce. Son partenaire et associé Daguerre développa les méthodes de cette nouvelle technique jusqu'à l'année 1839, où il est parvenu à mettre en œuvre le procédé qui fut alors présenté à l’Académie des Sciences.

C.2.2  Les débuts de la photographie de presse :

La photographie est restée longtemps réservée à la noblesse à l'occident, surtout avec l'arrivée de la vogue du portrait. Et comme toutes les techniques de ce temps, la révolution industrielle et le développement technique a donné un fort coup de main à la photographie.En 1850, un nouveau genre de photographie est né en tant que discipline  qui est la photographie d'événement, un genre qui a pour but d'informer le grand public d'une actualité quelconque, et c'est depuis là que l'histoire de la photographie de presse commençait.

La première photo a été publiée en Mars 1880, sur le New York Daily Graphic. Il s'agit d'une photo de Stephen Henry Hogan, intitulée "représentation des bidonvilles".

En 1910, Pierre Laffitte lança l'Excelsior, premier quotidien illustré de photographies malgré les frais élevés de l'impression des photos.

L‘illustration dans les quotidiens va ensuite mener vers l'apparition d'un nouveau métier, le métier du "photojournaliste" ou le "photoreporter", dont l'Allemand Erich Salomon fut le premier à en porter le nom.

La période entre 1920 et 1970 est considérée comme l'âge d'or de la photographie de presse grâce à l'apparition des agences de photos qui ont pour vocation de diffuser et commercialiser le travail des photographes, parmi lesquelles on peut citer Dephot (Deutscher Photodienst) en 1928 en Allemagne, Alliance Photo en 1934 en France, Black Star en 1935 aux Etats-Unis…etc.

Il faut noter que les guerres ont beaucoup aidé à donner une issue pour la photographie, et les magazines plus tard  étaient un champ vaste qui a permis l'élargissement et le développement de ce métier.

  1. L’image de presse : Caractéristiques et importance 

On dit que l'image "saute aux yeux", c'est le premier élément repéré par l'œil du lecteur qui se pose sur une page de journal.

Au premier regard lors de la lecture d’un journal, l'œil est attiré avant tout par l'image, puis les couleurs et les titres.

L'image donc vient toujours dans la première étape ou niveau de lecture qui s'appelle repérage.

L'ensemble de ces trois éléments aide à effectuer un premier choix, c'est donc une sorte de présélection de ce qui est envisagé d’être lu.

D’après l’étude de Jacques Douël, ancien directeur de l’Est Républicain« le journal tel qu’il est lu (1981)», de tous les éléments qui composent le journal, les photos et les dessins constituent les pôles d’attraction les plus puissants. Ils attirent en moyenne autant sinon plus l’attention des lecteurs que ne le font les titres, et en tout cas significativement plus que les textes.

C’est ainsi que, toujours d’après la même étude, « on trouve des photos vues par 74% des hommes et d’autres par 89%des femmes », on mesure ainsi le pouvoir d’attraction des images.

III.1. Qualités de l'image de presse :

On peut définir l’image par ce qu’elle est :

  1. Une arme percutante :

Ellefrappe l'imagination beaucoup plus que la lecture d'un article; on peut nuancer un texte tandis que la photographie est livrée brute et va droit au but. Le lecteur dira rarement qu'une chose est vraie puisqu'il l'a lue dans son journal, mais il n'aura aucun doute sur ce qu'il a vu dans ce même journal.

  1. Descriptive et suggestive :

L’image à voir (un enfant joue dans un jardin en fleurs sous un ciel bleu) en même temps qu’elle suggère(la scène évoque la joie de vivre, l’épanouissement).

  1. Immédiate et globale :

Lascène est perçue instantanément par le lecteur-spectateur, tous les éléments se présentent en une seule fois dans un même espace.C’est le temps de la simultanéité qui domine, non celui de la linéarité, comme c’est le cas du texte dont on ne comprend le sens qu’au fil de la lecture.

  1. Affective et émotionnelle : son pouvoir de sensibilisation est fort, son impact sur l’imagination aussi. Elle provoque des sentiments.

 

  • Par contre, l’image ne constitue pas un langage universel :

Une idée trop couramment admise est que l'image peut être comprise de tous (…), quels que soient l'âge, le niveau culturel, la nationalité, l'origine ethnique, la langue.Il n'en est hélas rien !

D’après Daniel Grojnowski,écrivain et historien, spécialiste de la forme littéraire de l’invention photographique,« l’image est pauvre en signification. Elle pose plus de questions qu’elle ne donne de réponses : qui est représenté, dans quel lieu, dans quel contexte ? »

Cette pauvreté, surtout lorsqu'il s'agit de photos, ouvre le champ à des significations diverses. Elle est polysémique et chacun peut l'interpréter à sa manière.

À ceci, s'ajoutent les difficultés de compréhension venant des lecteurs eux-mêmes, en particulier :

  • de l'habitude ou du manque d'habitude de lecture des images.
  • des traditions et des mœurs différentes des lecteurs,
  • du fait que chacun projette ses propres sentiments sur l'image, contribuant ainsi à la déformer et à en changer la signification.

 

  • Contrairement à l'idée reçue, l'image n'est pas objective

L'image photographique n'est pas et ne peut être objective pour plusieurs raisons :

  • parce que, au départ et tout au long du processus de fabrication du journal, une série de choix forcément subjectifs vont intervenir :
    • choix du point de vue du photographe
    • choix d'une photographie parmi d'autres
    • choix d'un nouveau cadrage lors de la mise en pages,
    • choix de l'aspect formel lors du tirage des épreuves.
    • enfin, parce que la mise en pages elle-même, alors qu'elle n'a aucune influence sur le texte, peut modifier la signification de la photographie.

 

III.2.  Fonctions de l’illustration dans la presse

Selon Louis Guéryet Stephane Lutz, (dans Le Secrétariat de Rédaction, Relecture, Editing et suivi de réalisation) on compte essentiellement trois fonctions:

 

  1. La fonction informative et documentaire:

Les images apportent une information et apprennent quelque chose au lecteur. En termes de valeur informative, une photo est plus significative qu’un texte pour décrire la joie d’un champion olympique du 100 m après la course. De même, une carte le sera également pour nous permettre de mieux situer le lieu d’un accident.

              L’image est la confirmation visuelle d’un fait.

  1.  La fonction illustrative et symbolique:

Certaines images n'apportent pas une information en elles-mêmes, mais permettent d'évoquer le sujet traité, de visualiser une idée ou un concept.

 

  1. La fonction éditoriale :

Aux fonctions d’information et d’illustration, il faut ajouter la fonction éditoriale, voire d’opinion. Elle est évidente pour les dessins politiques comme pour les caricatures.

 

Information

Illustration

Opinion

Dessin

Croquis d’audience

Croquis de mode

Dessin illustratif

caricature

Photo        

Photo-document

Photo-concept

Photo   « engagée »

Infographie

Toute infographie  est à la fois info et illustration

Tel choix de représentation

 

Yves Agnès(dans Manuel de journalisme, écrire pour le journal) détaille ces fonctions fondamentales et les catégorise ainsi :

 

  1. Premier niveau de lecture:

Elle accroche le regard, et attire le lecteur dès le feuilletage du journal. Une bonne photo peut inciter à lire l’article.

  1. Mise en page:

Elle aère la page et l'éclaire. Elle permet à l’œil  de se reposer de la lecture des textes.

  1. Approche facile:

Elle est plus facile d'accès que le texte.

  1. Informations :

L’image véhicule de l’information qui se doit d’être significative mais non redondante par rapport au texte

  1. Effet miroir:

Les photographies des personnes sont une composante essentielle de l'effet miroir recherché dans de nombreuses publications soucieuses de mettre en scène leurs lecteurs et l’univers  de référence de ceux-ci.

  1. Symboles :

Lorsqu’il s'agit d'illustrer un article de magazine par une photo d'archive, c'est le symbole du sujet traité que l'on recherche (pour Paris, c'est la tour Eiffel)

  1. Documents :

L’image peut aussi être documentaire. Elle apporte une preuve accessible au lecteur et renforce la crédibilité de l'article.

  1. Distraction:

Certains dessins, photos et petites bandes dessinées sont de l'ordre du divertissement.

IV.Types de l’image et Rapports texte-image /légende - image:

IV.1. Les types de l’image:

 

Image Photo

Image Dessin

Image Infographie

 

 

 

 

IV.2. le rapport texte-image:

L’image donne la même information que le texte

 

 

L’image complète une information citée dans le texte

 

 

Il n y’a aucune relation entre les deux

 

 

IV.3. le rapport légende – image

- la légende complète l'information apportée par la photo.

- La légende et la photo apporte la même information.

- Il n'existe aucun rapport entre les deux.

- Ça peut arriver que la photo n'ait pas de légende.

A quoi répond la légende ou quelles formes prend –t- elle?

La légende qui est un élément de lecture rapide et de choix, prend les formes suivantes :

- Réponse aux questions de références

Qui sont les personnages sur cette photographie?

Où a été pris ce cliché?

Que représente cette scène?

Quels sont les données chiffrées rapportées dans ce graphe?

- Précision

- Résumé

-Explication

- Citation

- Incitation

 

V.  L'utilisation, le traitement, la mise en page de l’image

V.1. Utilisation de la photo

Lors de son utilisation, l'image passe par les étapes suivantes:

- Le traitement

- L'intégration dans la mise en page.

- L'habillage et le soutien de la légende.

- Elaboration de toute une liste avec toutes les images utilisées dans un numéro du journal avec leurs formats et tailles.

 

 

V.2.Traitement de l’image:

Détourage/ habillage :

 

utilisé en particulier pour les photos de personnages par élimination du décor ou d'autres personnes.

 

 

Avant la mise en page de l’image dans une page de journal, elle passe le plus souvent par les étapes suivantes:

Calibrage:

 

c'est l'agrandissement ou la réduction d'un cliché.

 

  • Cadrage:

Consiste à choisir une partie de la photo et à éliminer les parties jugées intitules pour concentrer l'effet sur la partie retenu.

 

Changement du sens de l’image en fonction du cadrage

 

 

 

Retouche :

 

Correction des défauts techniques

Effet des retouches sur l’image

 

V.3.Mise en page de l’image:

La mise en page, c’est l’installation du texte et de l’image dans l’espace, l’espace du journal tout entier et l’espace de la page ou de la double page. Il va de soi que la mise en page guide la perception d’une image.

Il s’agit donc de jouer sur l’ensemble des caractéristiques du texte et de l’image.

  1. Sur l’espace du journal : dès l’établissement du chemin de fer, on essaie de trouver le déroulé le plus harmonieux : ouverture sur un reportage photo, pages photo comme respiration avant ou après un long « tunnel »de texte.
  2. Sur l’espace de la page :Une photo est mieux perçue lorsqu’elle se trouve dans le haut de la page et proche du titre.
  3. Sur la dimension de l’image :Il faut éviter d’avoir des photos de même taille. Elles se confondent. Il faut une image « Leader », puis des images secondes.
  4. Sur les contrastes internes à l’image : Nous jouerons sur les contrastes de formats(largeur/ hauteur, vertical/ horizontal);, de plans( plongée, contre plongée…etc), de constituants ( vivant, mobile, fixe).Nous noterons également l’importance de la conformité avec le titre et la légende.

 

 

VI.La recherche des documents d’illustration 

L’illustration d’une publication peut être classée en deux grandes catégories, que nous allons examiner séparément : les photographies et les dessins.

Les photographies sont, dans la plupart des cas, la base de l’illustration d’une publication.

Nous allons les examiner sous deux angles différents : les sources de documents et leur sélection

VI.1. Les sources de documents photographiques :

  1. Les photos réalisées par des reporters-photographes, à la demande :

Les grands quotidiens disposent d’un véritable service de reportage photographique.

Les photographes réalisent des reportages complets ou accompagnent les rédacteurs qui donnent leurs préférences sur les sujets à prendre, les angles de vue …etc.

Le reporter photographe recueillant des informations et les transmettant à son confrère de la plume.

  1. Les photos provenant des agences d’actualité :

Ces agences d’actualité disposent de services d’archives très importants auprès desquels on peut obtenir, soit en allant consulter sur place, soit par commande, des photos sur tel ou tel sujet particulier.

  1. Les photos provenant des agences spécialisées :

Ces agences fonctionnent, le plus souvent de la même façon que les précédentes : agences spécialisées dans les photos de genre (sujets, paysage, fleurs, etc.), les photos de théâtre, de sport, les documents d’histoire, les photos d’art, les grands reportages sur l’étranger, etc.

  1. Les photos provenant des archives photographiques de la publication :

Dans la plupart des moyennes et petites publications qui constituent l’essentiel de la presse périodique, c’est le secrétaire de rédaction qui doit constituer et organiser ses archives photographiques. Il le fera en classant régulièrement tous les documents qui lui sont laissés par les agences d’actualité avec lesquelles il travaille, ou qu’il achète à des photographes pigistes qui passent proposer leur travail.

  1. Les photos en provenance des musées :

Les musées bibliothèques fournissent des reproductions photographiques d’œuvres, qui sont réalisées soit par le service photographique de l’établissement en question, soit par un photographe du journal qui est autorisé à y photographier des documents ou objets.

 

  1. Les photos en provenance de sources diverses :

Ce sont les photos procurées auprès des services de presse des ambassades étrangères, des grandes entreprises, des ministères, des administrations, des associations, etc.

Il faut noter également que certains documents fournis par des agences ou par des pigistes peuvent être proposés en exclusivité.

C’est-à-dire que la rédaction aura la garantie que ce document n’aura pas été donné à ses concurrents et qu’elle sera donc seule à le publier. Dans ce cas, le prix est à débattre.

  1. Photothèques informatisées et banques d’images :

En France, la banque de données la plus ancienne et la plus importante est la banque « Iconos » de la documentation française.

Via cette banque, le secrétaire de rédaction, de son bureau et par le truchement de son terminal, peut consulter et obtenir sur son écran les réponses à ses questions :

Quel est le photographe ou l’agence qui distribue la photo de De Gaulle, sur une plage, en Irlande, en 1969 ?

Où peut-on trouver des reportages sur l’Algérie ?

Existe-t-il une agence spécialisée dans les photos d’enfants ?

 

VI.2. Les sources des dessins :

Les dessins sont utilisés pour accompagner le texte, et parfois le remplacer. Bien entendu, ce n’est pas le secrétaire de rédaction qui est chargé de les réaliser, mais ce sera lui qui en passera commande et veillera ensuite à leur bonne exécution.

Ces dessins seront commandés et achetés à :

  • Des agences : bandes dessinées, dessins humoristiques, patrons de mode, plans de bricolage, dessins de jeux, etc.
  • Des artistes connus : si la publication en a les moyens, pour une première page, l’illustration d’un roman, d’une nouvelle, etc.
  • Des pigistes occasionnels : qui passent dans les rédactions proposer leurs œuvres, les caricatures en particulier.
  • Aux dessinateurs attachés à la publication : soit en permanence, soit comme pigistes réguliers. On leur commande notamment les cartes, graphiques, titres dessinés, etc. 

VI.3. Les cartes et plans géographiques

Un document tel qu’une carte, un plan, un graphique exige pour remplir son office, d’être clair, précis et complet.

En effet, si l’on décide d’illustrer un article par une carte, un plan ou un graphique, c’est pour aider à la compréhension du sujet.

L’utilisation d’un graphique telle que l’entend Jacques Bertin (dans son remarquable ouvrage publié en 1965, sémiologie graphique), permettrait bien souvent aux rédacteurs et aussi aux lecteurs de découvrir des informations que l’analyse des seuls chiffres laisse difficilement apparaitre.

 

VII. Le choix des illustrations pertinentes

Dans un journal, nous utilisons l'image la plus forte, la plus parlante, et la plus appropriée au sujet rapporté. Ce choix se fait donc selon les critères suivants :

  • Les types : photo, dessins, infographie.
  • Les fonctions : informer, illustrer.
  • Le degré de proximité avec le texte : rapport de rapprochement, de prolongement ou d'opposition.
  • La politique : c'est-à-dire l'image doit être conforme avec le lecteur ciblé, son niveau socioéconomique et culturelle, son âge, ses intérêts.

Le choix de la photo doit répondre aussi à quelques règles simples :

  1. Privilégiertoujours des photos humanisées, c'est-à-dire éviter les clichés de bâtiment ou d’objets sans âme qui vive
  2. Eviterles photos de personnages "en rang d’oignons", passives, figées.
  3. Favoriserdonc les clichés mettant les personnes en situation 

Mais aussi, nous devons prendre en considération ce qui suit lors de la sélection de l'image.

  • le journal doit comporter une grande proportion d'illustrations vivantes c'est-à-dire des photographies où figurent des personnes
  •  La nature du journal : le choix de l'image dépend du type de publication. Les paparazzis qui traquent l'intimité des vedettes vendent leurs photos par exemple aux magazines spécialisés de la presse People et non aux journaux généralistes.
  • La richesse informative : la photographie qui rapporte un élément de plus par rapport à l'article est bien sûr préférable à un cliché qui se contente d'évoquer le sujet.
  • La qualité esthétique : il est toutefois recommandé quel que soit le journal de chercher le document le plus agréable à regarder.
  • La qualité technique : la bonne lisibilité de la photographie est un aspect indispensable pour une publication imprimée ; une photo sombre ou flou ne donne pas un bon résultat.
  • L'exclusivité : une photographie exclusive est toujours préférable à un cliché d'agence qui peut être reproduit dans de nombreux journaux.

VIII. Approche juridique/ le droit à l’image:

Toute personne dispose d'un droit de diffusion et de reproduction de son image. Cela signifie que lorsque le journaliste photographie une personne dans un but de diffusion, il doit demander l'accord de la personne photographiée.

Or, les exigences de l'actualité amène journellement la presse à publier des photographies d'hommes politiques, d'artistes, ou mêmes des personnes publiques dans le cadre de leurs fonctions ou de leurs activités professionnelles. Ils peuvent être photographiés sans autorisation.

Dans la pratique, on admet que les journaux peuvent publier sans autorisations les photographies prises dans la rue lors de manifestations publiques, mais ce n'est qu'une tolérance, le journal devrait respecter l'interdiction qui lui serait faite par la personne photographiée (surtout si elle est facilement reconnaissable).

Quant aux scènes de la vie privée, elles ne peuvent être photographiées et reproduites dans la presse qu'avec l'accord de l'intéressé.

Les œuvres photographiques de caractère artistique ou documentaire sont considérés comme propriété littéraire et artistique pour le photographe

 

IX. Conclusion:

Qui achèterait aujourd’hui un journal sans image ? Nos quotidiens multiplient donc les photos, les dessins, les infographies, les caricatures, ... Dès la Une, leur choix est essentiel.

Ces images ont des fonctions très diverses. Certaines apportent des informations qui complètent celles des articles. Elles remplacent parfois des explications longues et compliquées.

Les photos peuvent jouer un rôle important dans l’identification des personnes ou des choses dont on parle. Elles donnent souvent au lecteur l’impression d’être présent à l’événement et rendent l’information plus vivante.

Elles ont aussi une fonction esthétique : par leur forme, leurs couleurs, leur disposition, elles permettent d’établir un équilibre dans la page.

Généralement, l’image est accompagnée de la mention de sa source.

La légende précise le sens que la rédaction veut lui donner. Le choix de l’image n’est pas objectif : le journaliste prendra celle qui colle le mieux à son point de vue.

En résumé, les trois principales fonctions de l’image sont :

Accrocher, informer et illustrer.

 

La Une du Canard enchaîné du

23

mars 2020

Ce journal ne publie que des dessins pour illustration